L’histoire du Domaine
Le Domaine tout au long de l’histoireLa Léonardsau tient son nom de son ancienne appartenance à la collégiale Saint-Léonard et de la nature du terrain, des prés humides. Vendues à la Révolution, les parcelles appartiennent au début du 19e siècle à une famille de graveurs et doreurs de la manufacture d’armes blanches de Klingenthal : les Bisch. Ils y exploitent une blanchisserie de toiles de chanvre. Les terrains sont acquis en 1887 par l’industriel Louis Coulaux. Ses héritiers les revendent au baron Albert Louis Eugène de Dietrich (1861-1956) en 1899. Par étapes successives, celui-ci y fait bâtir un château, et donne au site son caractère actuel. En 1950, le général Raymond Gruss (1893-1970) acquiert le domaine et le revend en 1970 à la Ville d’Obernai. Le Château est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques le 26 mars 1986 et son parc le 7 décembre 1990. De 2022 à 2025, la Ville d’Obernai entreprend d’importants travaux de sauvegarde du domaine et l’ouvre en novembre 2025 au public.
Une grande partie des futures terres du Domaine dépend du Grand Chapitre de la Cathédrale de Strasbourg
Ces terres sont exploitées par la collégiale de Saint-Léonard.
Carte postale du début du 20e siècle représentant Saint-Léonard en 1750. Archives Spindler.
Une blanchisserie de toiles de chanvre sur les terres de la Léonardsau
Vendues à la Révolution, les parcelles appartiennent au début du 19e siècle à une famille de graveurs et doreurs de la manufacture d’armes blanches de Klingenthal : les Bisch. Ils y exploitent une blanchisserie de toiles de chanvre.
Dessin de la blanchisserie de Saint-Léonard, vers 1825 par Jean-Nicolas Karth.
Musées de la Ville de Strasbourg, M. Bertola, Cabinet des Estampes, cote CE XXVIII. 789 (53a).
L'Alsace fait partie de l'Empire allemand
Le baron de Dietrich achète les terrains de la Léonardsau
Les terrains sont acquis en 1887 par l’industriel Louis Coulaux. Ses héritiers les revendent au baron Albert Louis Eugène de Dietrich (1861-1956) en 1899. Ce dernier, membre d’une importante famille d’industriels alsaciens souhaite y faire construire sa résidence secondaire.
Plan général datant du 24 janvier 1845 avec la blanchisserie et l’Ehn. Archives d’Alsace (cote SP 604).
Construction de la première villa
Ingénieur de métier, le baron s’intéresse aux moindres détails de la construction, s’entourant d’artisans, comme Charles Spindler (1865-1938). Cette implication confère à la demeure son caractère très personnel, marqué par une juxtaposition d’agrandissements successifs et une cohabitation des styles reflétant, jusque sur la façade, le goût de son propriétaire pour la décoration et les collections.
Carte postale du château, vers 1902-1905. Collection R. Gemehl.
La demeure subit ses premières modifications
La marquise est abandonée au profit d’un nouveau vestibule d’entrée.
Vue de la Léonardsau, carte postale envoyée par Lucie de Dietrich à la comtesse de la Redorte le 1er décembre 1917. Archives Ville d’Obernai.
Le paysagiste belge Jules Buyssens est missionné par le baron pour imaginer l'aménagement du parc
Celui-ci aurait collaboré dans le cadre de ce projet avec son ancien maître et employeur Edouard André (1840-1911). Les deux hommes imaginent avec le baron un parc composé de plusieurs jardins thématiques : un jardin alpin, un parterre français, aujourd’hui appelé « jardin italien », une charmille, un « berceau » planté de rosiers conduits sur des arches…
Edouard André et Jules Buyssens, Baron de Dietrich. Léonardsau – Basse-Alsace. Jardin mixte exécuté en 1909, dessin. CIVA collections.
Première Guerre mondiale
- 15 janvier 1918 : Le Domaine est vendu aux enchères comme bien ennemi.
- Décembre 1918 : Le baron et de la baronne reprennent possession de leur demeure.
L'Alsace redevient française
Une nouvelle phase de travaux est entreprise à Léonardsau avec la construction du salon de musique
Le baron fait construire le salon de musique ainsi qu’un vestiaire et un WC au rez-de-chaussée. De nouvelles chambres sont créés au-dessus de cette extension. Celle du deuxième étage dispose d’un balcon.
Deuxième Guerre mondiale, l'Alsace est annexée à l'Allemagne
Les biens des Dietrich sont saisis et vendus et la Léonardsau est réquisitionnée par les nazis.
En février 1942, Heinrich Himmler, chef de la SS, ordonne la création d’une Reichsschule SS (école SS du Reich) en Alsace annexée. Le choix se porte sur Obernai, où une SS-Nachrichtenschule, école de transmissions de la SS, est installée au château de Hell afin d’y former des auxiliaires féminines destinées aux services de transmissions. De juillet 1942 à novembre 1944, le Château de la Léonardsau est une annexe de cette école.
Photographie de propagande de femmes de la Nachrichtenschule SS à la Léonardsau prise en 1943-1944 par Mielke Werner. SS Kriegsberichterarchive / US National Archives and records Administration (NARA)
Le baron de Dietrich âgé de 89 ans vend la Léonardsau au général Raymond Gruss (1893-1970)
La Ville d'Obernai achète le Domaine au général Gruss
En 1971, le réalisateur Claude Chabrol tourne "La Décade prodigieuse" à la Léonardsau
Les acteurs et l’actrice à l’affiche : Orson Welles, Anthony Perkins, Marlène Jobert et Michel Piccoli
Le Château est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques
Le Parc est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques
La Ville d’Obernai entreprend d’importants travaux de sauvegarde du Domaine.
Ouverture des écuries après d'importants travaux (espace d’accueil, cuisine, sanitaires…)
Ouverture du Château au public après sa restauration.